En réflexion...

LES ANIMAUX ONT-ILS LES MEMES DROITS QUE NOUS ?

La récente profanation de la tombe de la mère de Daniel Vasella, patron de Novartis, et l’incendie volontaire de son chalet nous renvoient à cette question. Car autour de la polémique concernant les agissements des mouvements ecoterroristes comme le SHAC (Stop Hundington Animal Cruelty), il règne la plus grande confusion. A preuve, cette déclaration révélatrice de l’activiste britannique R.Lee : « Les gens comme Vasella sont des génocidaires. Ils doivent être punis. Ce sont des criminels comme les nazis l’ont été à l’égard des juifs ». R. Lee et son groupe ne s’octroient pas seulement le droit de « faire justice » eux-mêmes, ils assimilent de soit-disant crimes à l’égard des animaux à un génocide comparable aux abominations de la Shoah. Comment peut-on en arriver là ?

L‘argument sous-jacent à pareille dérive tient au fond à cette conviction : les animaux ont les mêmes droits que nous ! S’il en est ainsi, ceux qui font souffrir les animaux doivent être punis. Prenons leur défense en punissant les coupables. Et le tour est joué. C’est œil pour œil, dent pour dent : Mr. Vasella est un tortionnaire, rien n’est assez bon pour lui faire payer les crimes commis dans les laboratoires de Novartis. Voilà comment on en arrive aux pires aberrations.

La vraie question à poser à propos des droits, qu’il s’agisse des humains ou des animaux, est celle-ci : qui est sujet de droit et qui peut formuler l’idée de droit, concevoir la reconnaissance et l’application des droits ? Il est important de préciser que le droit n’est pas un fait, mais une valeur qu’on reconnaît à des êtres ou des catégories d’être. La question devient alors : qui est capable de dire et reconnaître des valeurs, valeurs attribuables et respectables au moyen de lois ? C’est l’être humain bien entendu. Car l’animal n’a tout simplement pas la capacité de juger et de définir des valeurs. Il obéit aux lois de la nature, il n’en est pas conscient, il ne peut pas en disposer. L’homme oui. Et c’est ce qui rend ce dernier responsable de ses actions et de l’état de la planète. Donc aussi de ses devoirs envers les animaux.

Les animaux ne peuvent pas se donner des droits. C’est ainsi. Mais ils ont les droits que les humains doivent leur reconnaître. Sans cette distinction essentielle, la confusion règne comme le montrent les attentats ecoterroristes. Ajoutons ceci : ce n’est pas parce que les animaux sont inaptes à se donner des droits que l’être humain peut les traiter n’importe comment. Comme être responsable, l’homme a le devoir de traiter les animaux en respectant leur valeur. Celle de leur droit de vivre, mais aussi celle de ne pas faire souffrir l’animal inutilement ou dans des conditions qui ne respectent pas sufffisamment son état et son incapacité à se défendre. Raison pour laquelle la législation doit être sévère quant aux expérimentations sur les animaux en laboratoire. On a heureusement progressé en Suisse dans ce sens. Continuons.

Cela dit, le fanatisme des ecoterroristes qui mettent êtres humains et animaux sur le même plan et se donnent le droit de traiter les humains comme ils ne veulent pas qu’on traite les animaux qu’ils défendent est un non-sens. Et une dérive grave, au nom de confusions parfaitement condamnables. Comme quoi il faut se méfier des confusions de principes et d’idées. Elles peuvent conduire au crime.

François Gachoud

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