En réflexion...

LA CONVENTION DES DROITS DE L’ENFANT A VINGT ANS

La question des droits de l’enfant est trop importante pour ne pas souligner cet anniversaire. S’il a fallu 18 siècles pour voir enfin proclamée la première Déclaration des droits de l’homme, les articles consacrés aux droits de l’enfant datent seulement d’hier : vingt ans, c’est tout juste la sortie de l’enfance et de l’adolescence !

Cette Convention est de première importance parce qu’au seuil de ses 54 articles elle affirme qu’il faut considérer tout enfant comme une personne à part entière. Elle précise même que « l’intérêt supérieur » de l’enfant prime sur celui des adultes. Si l’on y réfléchit, c’est une avancée considérable eu égard à la manière dont on a jugé et traité les enfants durant tant de siècles. Vingt ans après l’adoption de ce texte, ratifié à ce jour par tous les pays, à l’exception des Etats-Unis (sic !) et de la Somalie, on peut esquisser un bilan sommaire.

Côté positif, plusieurs progrès sont à enregistrer. Le nombre annuel de décès des moins de cinq ans a diminué. Selon l’Unicef, ce nombre est passé de 12,5 millions en 1990 à environ 9 millions en 2008, compte tenu de l’augmentation des populations. Beaucoup de vies sont sauvées grâce aux vaccinations ( hépatite, tétanos, diphtérie etc.). La dénutrition a reculé, bien  que des millions d’enfants meurent encore de faim, surtout en Afrique et en Asie du Sud. La scolarisation a aussi progressé : on estime qu’environ 85% des enfants de la planète peuvent accéder aujourd’hui à une formation primaire.

Les facteurs négatifs montrent cependant que la tâche qui s’annonce pour améliorer le statut et le sort des enfants reste immense. Selon l’Unicef, environ 25.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour de faim ou de maladies guérissables et 100 millions ne sont toujours pas scolarisés. On estime que 150 millions vivent dans la rue,  que près d’un milliard subissent des violences sous diverses formes et que plus d’un million sont victimes de traite.

Le plus préoccupant sans doute, c’est qu’au total un milliard d’enfants dans le monde demeurent privés d’un de leurs droits fondamentaux : droit à la vie et à l’amour de leurs parents, à la sécurité, droit à l’éducation et à la formation, au développement de leur personne, aux soins, à l’assistance, à la nutrition, à la protection sous ses multiples formes, contre le travail forcé, l’exploitation sexuelle, la vente, la traite, le mariage forcé, les mutilations (notamment l’excision des filles), l’enlèvement, les sévices, les privations de liberté (détention arbitraire, maltraitance, torture), la discrimination (de langue, de sexe, de couleur, de race, de religion).

Cet énoncé suffit en lui-même à indiquer l’ampleur des progrès à faire, y compris dans nos pays développés où la question des droits de l’enfant paraît aller de soi ou se trouve loin de paraître prioritiaire. Selon enquête, les droits de l’enfant passent après les préoccupations liées au chômage, à l’emploi, à l’environnement ou à la santé. C’est révélateur. Par contre, le nombre de personnes, notamment jeunes, qui s’engagent dans les œuvres humanitaires en se dévouant pour la cause des enfants est en nette croissance. Preuve que la générosité et le don de soi font reculer la misère. Preuve que nous pouvons tous répondre à de nombreuses associations qui nous sollicitent en faveur de l’enfance souffrante et démunie dans le monde.

François Gachoud

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