En réflexion...

L’ÂME – LE CORPS / LA CHAIR – L’ESPRIT

Lors de rencontres philo, j’ai constaté que la question de l’âme, de sa nature, de sa subsistance après la mort du corps fait problème. Aussi ai-je, très brièvement ici, défini la cadre et l’origine de cette notion en Occident en proposant non seulement de préciser la relation du corps à l’âme, mais aussi la relation de la chair à l’esprit. Car le corps et la chair ne sont pas équivalentes et celles de l’âme et l’esprit non plus. Pourquoi ? Parce que la relation corps-âme vient de la pensée grecque, celle de la chair et de l’esprit de la tradition juive, continuée par les chrétiens après l’évènement fondateur du christianisme : la résurrection du Christ.

 

  1. Pour les Grecs, l’homme est composé d’un corps et d’une âme. Ces deux principes sont liés : pas de corps sans âme ! Qu’est-ce que l’âme ? C’est le principe qui donne vie au corps, mais aussi le principe d’unité de tous les éléments qui composent le corps. Sans ce double principe, pas d’identité pour les êtres vivants. L’âme humaine est conçue comme immatérielle puisqu’elle n’est pas un des éléments du corps matériel. Platon par exemple pensait qu’au moment de la mort, il y a séparation complète du corps et de l’âme : les éléments matériels du corps (cellules, organes) se décomposent, mais l’âme non, parce qu’elle est de nature immatérielle. Elle est immortelle.

 

  1. Selon la conception juive, l’homme est composé de chair et d’esprit. La chair n’est pas le corps. Elle désigne le sujet vivant tout entier qui reçoit de l’Esprit du Dieu créateur son souffle de vie. Tous les vivants sont créés par Dieu, plus particulièrement l’homme car il le crée à son image : l’homme est doté d’une nature spirituelle qui lui confère l’immortalité. Quand l’homme meurt, son esprit subsiste, mais il aspire à retrouver sa nature complète, avec sa chair. Les prophètes comme Ezéchiel et Isaïe annoncent la résurrection de la chair et Jésus la réalise promettant qu’un jour tous les hommes ressusciteront.

 

Il convient d’éviter les malentendus qui consistent à mélanger ces notions issues de traditions différentes.

 

François Gachoud

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