En réflexion...

APPEL AUX POUVOIRS PUBLICS

C’est urgent ! A l’heure où le coronavirus a infecté les humains mais aussi fortement affecté le marché de la publicité, les rédacteurs en chef de La Liberté et de La Gruyère lancent en même temps un cri d’alarme dans les éditions respectives des deux journaux du sa.4 avril : une aide directe de la Confédération et du Canton est devenue indispensable. Sans quoi, à partir du 20 avril, le taux d’occupation des équipes au travail va devoir baisser drastiquement. Conséquence inéluctable : l’offre de l’information va subir de fâcheuses réductions.

C’est alarmant pour une raison clairement résumée par Serge Gumy qui parle de non-sens : « Un non-sens alors que vous n’avez jamais eu autant besoin de nous ». Idem sous la plume de François Pharisa : « Un véritable crève-cœur à l’heure où le public n’a jamais été aussi avide d’informations fiables et où, vous lecteurs, n’avez jamais été aussi nombreux à nous témoigner votre soutien ».

Le paradoxe est en effet criant de vérité : les deux journaux en péril voient le nombre de leurs abonnés augmenter. Signe de la reconnaissance quasi unanime d’un public sensible aux efforts exceptionnels consentis par les équipes journalistiques en ces temps difficiles.

Au moment où l’enjeu est crucial, les pouvoirs publics vont-ils sauver la presse écrite ? Qu’on ne vienne pas opposer à ce cri d’alarme que tant d’autres institutions ont aussi besoin d’aide. Certes. Mais la presse écrite est sans doute celle qui crée les liens les plus forts avec un public en quête d’informations précises, complètes et fiables. Ses éclairages, autant ou plus encore que la radio et la télévision, sont tout simplement indispensables au soutien de la population. Jamais sans doute la notion de bien commun de tous et de chacun n’aura eu autant de sens et de valeur.

François Gachoud, philosophe, Bulle, Suisse

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